Parité : Une obligation regrettée par Arlette Bradat, maire de Weckolsheim

La parité au cœur des prochaines élections municipales. Lors de l’échéance de mars 2026, les communes de moins de 1 000 habitants devront pour la première fois proposer des listes paritaires. L’objectif de cette mesure est de renforcer la présence des femmes au sein des conseils municipaux. Arlette Bradat, maire de Weckolsheim depuis 2014, témoigne de son parcours dans un monde politique encore largement masculin et livre son regard sur la parité imposée.

Entretien avec Arlette Bradat, maire de la commune de Weckolsheim : 

Avant de devenir maire en 2014, Arlette Bradat a consacré 13 années au conseil municipal de Weckolsheim, d’abord comme adjointe, puis comme première adjointe. Son engagement politique débute bien avant, à l’armée. Responsable du service des marchés publics bâtiment à la Défense, elle dirige alors des équipes majoritairement masculines. « Il y avait de la discipline, de l’ordre et de la reconnaissance des valeurs humaines », explique-t-elle. Cette expérience se poursuivra au département du Haut-Rhin, devenu aujourd’hui la Collectivité européenne d’Alsace, où elle occupe le même poste de directrice du service des marchés publics voirie. Des compétences qui l’amènent naturellement à siéger à la commission d’appel d’offres de la communauté de communes. 

« Certains hommes n'ont pas voulu me suivre »

Lorsque le maire en poste décide de ne pas solliciter un troisième mandat en 2014, Arlette Bradat propose sa candidature. Si certains élus la suivent, d’autres refusent. « J’ai quand même dû reformer un peu l’équipe puisque certains hommes n’ont pas voulu me suivre », raconte-t-elle. Diriger des équipes mixtes, majoritairement masculines, ne lui a jamais posé de problème, que ce soit à l’armée ou au département. Avec 720 habitants, Weckolsheim est ainsi concerné par la nouvelle loi imposant la parité dans les communes de moins de 1000 habitants. Arlette Bradat affirme n’avoir jamais ressenti de difficultés particulières à s’imposer en tant que femme. « J’ai un caractère assez frondeur, je ne me laisse pas facilement impressionner », explique cette dernière.

Selon elle, la fonction de maire implique un engagement constant. Un investissement qui s’est parfois fait « au détriment de ma vie privée », admet-elle. Si la maire comprend la nécessité, elle regrette le caractère obligatoire de cette mesure. « Surtout dans les petits villages où il n’y a pas toujours de crèche, de nounous, les jeunes femmes sont occupées par leur vie professionnelle et leurs enfants », explique-t-elle. L’application de cette loi a nécessité une refonte de son équipe, obligeant plusieurs hommes à quitter leurs fonctions. La maire a finalement constitué une liste de huit femmes et sept hommes, avec des profils variés, âgés de trente à cinquante ans. Deux des femmes étaient déjà investies dans des associations. « Je pense que c’est grâce à ma personnalité, elles étaient contentes de rejoindre l’équipe », estime Arlette Bradat. 

Aux femmes qui hésitent encore à se lancer, la maire prône avant tout la souplesse. Soucieuse de lever les freins liés à la vie personnelle et professionnelle, elle explique s'efforcer d'adapter les plannings afin de permettre au plus grand nombre d'élues d'assister aux séances du conseil municipal, sans pression ni sentiment de culpabilité en cas d'absence.

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Propos recueillis par Anaïs Follenius / © Anaïs Follenius