Neuve-Église : Décibulles, un festival engagé pour le développement durable


11 juillet 2026

Du 10 au 12 juillet se tient la 32e édition du festival Décibulles sur les hauteurs de Neuve-Église. Événement phare de l’été dans la Vallée de Villé, Décibulles est devenu un véritable acteur du territoire. Mais pas seulement. Le festival a également su faire ses preuves en matière de développement durable afin de réduire son empreinte environnementale. À tous les niveaux, différentes actions sont mises en œuvre. Tour d’horizon sur ces initiatives.

1. Un premier Bilan Carbone effectué en 2021

2. La vaisselle à l'heure du compostable

3. De nombreuses tonnes de déchets à trier

4. La mobilité, une thématique majeure

5. Des évolutions aussi appliquées à la technique

1. Un premier Bilan Carbone effectué en 2021

Perché sur la colline du Chena à Neuve-Église, en plein cœur de la Vallée de Villé, le festival Décibulles tient à mettre tout en œuvre pour préserver le cadre verdoyant qui l’accueille chaque année. « Le développement durable est vraiment dans l’ADN du festival. Quand on voit le site, le lieu, le terrain, on est obligé d’aller dans cette direction », explique Vivien Goury, responsable Développement durable de l’association Décibulles. Pour approfondir les actions menées dans ce domaine, un véritable tournant a été pris en 2021, avec la réalisation d’un premier Bilan Carbone.


Résultat
: le déplacement du public, ainsi que les consommations – restauration et boissons – se sont révélés comme premiers facteurs d’émissions de carbone. En plus des actions déjà engagées, différentes mesures ont été prises au fil des éditions pour réduire davantage l’impact environnemental, non sans succès. « C’est un gain de 70 tonnes d’équivalent CO₂ », précise Vivien Goury, soit 322 000 kilomètres parcourus en voiture. « Petites victoires par petites victoires », les bénévoles de l’association continuent d’innover pour proposer un festival responsable.


2. La vaisselle à l'heure du compostable

La restauration a été l’un des domaines à connaître le plus d’évolutions depuis le début du festival. Après avoir utilisé des récipients en plastique puis en papier, un modèle de vaisselle compostable est adopté depuis quelques années. « C’était un gros travail pour trouver les bons produits avec les bonnes normes. Ensuite, le plus gros était de trouver un prestataire qui accepte de récupérer nos produits pour réellement les composter », se souvient Vivien Goury.


Des
changements majeurs ont également été opérés pour les gobelets. Des récipients en plastique, puis à base de maïs, ont été utilisés avant une loi imposant les gobelets réutilisables. Un modèle compliqué à mettre en place, avec de nombreuses pertes à ses débuts. Une solution a finalement été trouvée avec la création d’un bar à gobelets. « C’est un bar sur le festival, où les gens ramènent les gobelets et peuvent s’acheter une consommation avec », précise le responsable Développement durable. Une façon de faire le tri, tout en gardant un esprit ludique. « Il y a une espèce d’entraide, des gens qui se trimballent avec des énormes piles de gobelets. C’est assez sympa. Je crois que le record de gobelets ramenés était de 3 000, en une seule fois ! ». Au-delà de la vaisselle, une attention particulière est également portée quant aux choix des produits, en privilégiant les circuits courts.


3. De nombreuses tonnes de déchets à trier

Même si différents moyens sont mis en œuvre pour réduire le nombre de déchets, de multiples tonnes restent produites lors de chaque édition. Une station de tri a spécialement été créée sur le site du festival afin de mieux gérer ces quantités. Les déchets y sont répartis dans une dizaine de bennes. « On trie le bois, les emballages, les biodéchets, les cartons, les films plastiques, le verre, les déchets non dangereux, les huiles de friture, les fûts de bière... », énumère Alain Perrin, responsable Environnement.


Pour veiller au bon respect du tri,
chaque sac est rouvert par les bénévoles. « On est vraiment dans le détail. On est presque des extrémistes du tri », sourit Alain Perrin. Au total, plus d’une centaine de personnes sont mobilisées chaque jour pour veiller au nettoyage du site. Pour limiter les jets de mégots, des cendriers de poche sont distribués également aux festivaliers. Des bornes ludiques, où il est possible de voter avec son mégot pour différentes expressions, ont aussi été installées aux quatre coins du site. En dehors des déchets ménagers, emballages, cartons et vaisselle, un important volume de déchets est également généré par les sanitaires. 16,4 tonnes de litière de toilette sèche ont notamment été collectées en 2025.


4. La mobilité, une thématique majeure

La moitié de l’empreinte carbone engendrée par le festival est causée par le déplacement du public. Pour réduire cette part, les mobilités douces sont promues par l’équipe de Décibulles. Depuis plusieurs années, des navettes gratuites desservant l’ensemble de la Vallée de Villé, ainsi que les communes de Châtenois et Sélestat sont notamment proposées. Plus récemment, des navettes de bus payantes ont également été mises en place pour desservir de grandes villes alsaciennes : Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Des formules qui ont su trouver leur public. « C’est environ 30 % de festivaliers par soir, donc plus de 3 000 personnes », chiffre Laura Haye, chargée de communication.


Le
fonctionnement de ces navettes représente un coût de plus de 25 000 euros pour le festival Décibulles. « Pour réduire au maximum notre impact, on s’est dit que proposer des navettes gratuites incite davantage les festivaliers à les prendre », dévoile Laura Haye. Et pour ceux se déplaçant toujours en voiture, une plateforme de covoiturage est également disponible, sans frais supplémentaires.


5. Des évolutions aussi appliquées à la technique

Pour mener cette politique écologique jusqu’au bout, la technique du festival est également passée par quelques changements. En 2022, un raccordement électrique a été préféré à l’utilisation de groupes électrogènes, demandant beaucoup de gazole non routier (GNR). Un partenariat a donc été étudié puis mis en place avec Enedis. « Au plus fort du festival, on avait 17 groupes électrogènes répartis sur tout le site. Aujourd’hui, on en conserve encore cinq, répartis à des endroits un peu trop loin des points de distribution », analyse Julien Mathieu, responsable Technique site.


Plus de 7 700 litres de gazole non routier
sont ainsi économisés, évitant l’émission de 24 tonnes de CO₂ par année. Cette baisse apporte également davantage de confort aux équipes, grâce à un réapprovisionnement moins contraignant. Entre restauration, lumières, sonorisation et autres installations, les besoins électriques d’un festival demeurent conséquents.


Propos recueillis par Solène Martin / © Crédit photo : Solène Martin